Food, Inc.

« Food, inc. », de Robert Kenner

1h30 l 2009 l CTV International

Résumé :

Que savons-nous de la nourriture que nous achetons dans nos supermarchés locaux et servons à nos familles?

FOOD, INC. décortique et analyse les rouages d’une industrie qui influence chaque jour notre environnement et notre santé.

Des immenses champs de maïs aux rayons colorés des supermarchés, en passant par des abattoirs insalubres, un journaliste mène l’enquête pour savoir d’où viennent les produits que nous consommons tous les jours.

Derrière l’image de « produits fermiers », il découvre avec beaucoup de difficultés ce que les lobbys agro-alimentaires tentent de cacher : les vraies conditions d’élevage et d’abattage de nos viandes et volailles.

Cette investigation illustre les dessous d’une industrie qui sacrifie les notions de qualité et de santé pour des considérations de rendement et de profit. (1)

Contexte (2)

Jamais sans doute dans l’histoire humaine, la consommation d’aliments n’a été plus éloignée des modes de production, que dans nos sociétés massivement urbanisées.

L’agriculture d’aujourd’hui résulte du mariage de la science (utilisation massive des acquis de la biochimie, manipulations génétiques) et de l’industrie, aux antipodes de l’alliance entre nature et tradition que nous vendent les communicants.

En introduisant la standardisation et le travail à la chaîne dans les cuisines de leurs restaurants, en décidant de proposer des menus peu variés mais caloriques et bon marché, les frères Mac Donald inventent un modèle qui va rencontrer un énorme succès aux Etats-Unis puis dans le monde entier.

Conjuguée à l’explosion concomitante de la grande distribution (multiplication et extension des grandes surfaces), bâtie sur le même modèle (nourriture standardisée et bon marché), cette révolution va bouleverser en profondeur nos modes de consommation et de production alimentaires.

L’engouement des consommateurs pour le fast food a un vaste impact sur la façon dont sont produits nos aliments. La filière agro-alimentaire se transforme : industrialisation, rationalisation, concentration économique.

Les acteurs de la filière sont aujourd’hui de gigantesques multinationales, maitrisant l’ensemble de la filière, de la production d’intrants à la commercialisation des produits alimentaires, en passant par leur production, transformation et distribution. Les modes de production sont industrialisés et hyper rationalisés.

Ce phénomène est une réalité mondiale dont la multiplication des enseignes Mac Donald n’est que le symbole le plus voyant. Si l’agriculture des pays de l’Union européenne est historiquement moins concentrée que celle des Etats-Unis, l’Europe a également ses propres géants de l’agroalimentaire et de la distribution qui ont profondément affaibli le monde paysan.

En France, d’après le ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, le nombre d’exploitations agricoles est passé de 1,6 million en 1970, à moins de 600 000 en 2003 dont 370 000 dites « professionnelles ». (3)

Certes la législation européenne impose des normes plus contraignantes en matière de contrôle sanitaire, de traçabilité, d’étiquetage des aliments (par exemple sur la présence d’OGM).

Mais le pouvoir des lobbies agroalimentaires s’exerce de la même manière à Bruxelles ou à Paris qu’à Washington, au détriment de l’intérêt des consommateurs.

Que l’on pense ainsi à la difficulté qu’ont les associations à faire réglementer les publicités pour l’agroalimentaire à destination des enfants et adolescents.

Contrairement à la Suède ou au Québec, la France a en effet choisi de ne pas interdire la publicité dans les programmes destinés aux moins de 12 ans.

Le gouvernement s’est laissé gagner par les avocats de l’industrie alimentaire, qui mettent en balance leurs 140 milliards d’euros de chiffre d’affaires, leurs 420 000 salariés et leur… 1,7 milliard d’euros bruts d’investissements publicitaires (4)

Pour mémoire, en France, l’industrie agroalimentaire est le premier secteur d’activité en termes de chiffre d’affaires et l’un des principaux annonceurs publicitaires. Sa capacité a être un groupe de pression est liée à son poids financier. Selon Olivier Bainville5, la part de l’agro-industrie dans le PIB est de 16 %, contre 1,6 % pour l’agriculture…

Le modèle agroindustriel intensif, spécialisé, concentré, et mondialisé, s’il a permis des avancées indéniables en termes de prix et de sûreté des aliments, génère des externalités négatives qui, à terme, pourraient menacer l’équilibre alimentaire des populations et le bilan écologique de la planète.

  • conséquences sanitaires (les risques d’intoxications massives entraînées par les abattoirs géants, par exemple à l’E. Coli, mais aussi pandémie d’obésité et de diabète dûe à une nourriture trop riche) ;
  •  conséquences environnementales (pollution des sols, menace pour la biodiversité…)
  • conséquences sociales (bas salaires, exploitation de la main d’œuvre…) ;
  • conséquences politiques voire géopolitiques (déstabilisation des agricultures des pays émergents par des exportations massives de produits subventionnés) ;
  •  conséquences morales voire philosophiques (la façon dont elles traitent les animaux d’élevage ne manque pas d’interroger nos sociétés contemporaines)…D’autres modèles de production et de consommation sont possibles.

    On pourrait citer le mouvement du commerce équitable, l’agriculture biologique, l’agriculture de proximité ou encore le mouvement Slow Food (qui rassemble près de 90 000 personnes dans plus de cinquante pays).

    Par l’acte d’achat, le consommateur peut exercer son rôle de citoyen.

    Chaque repas est un « bulletin de vote » en faveur d’un modèle ou d’un autre. Consommer des fruits et légumes de saison, privilégier des aliments produits localement, limiter sa consommation de viande, autant de gestes simples et autant de manières de s’opposer au modèle agroindustriel dominant.

(3) Fiche pédagogique « FOOD INC » Une exploitation est considérée comme professionnelle si sa dimension économique est équivalente à celle de la production d’au moins 12 hectares équivalent blé et que le travail fourni est au moins celui d’une personne occupée à trois quart de temps. Les exploitations professionnelles représentent 95 % du potentiel économique agricole.
(4) Fiche pédagogique « FOOD INC » Marie Bénilde, « Quand les lobbies (dé)fond la loi », Le Monde diplomatique, mars 2007

Source Alimenterre.org

 

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