L’affaire Bettencourt : une affaire d’état

L’affaire Bettencourt, une affaire d’état à plus d’un titre.
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Le majordome de madame Bettencourt nous a permis, grâce aux écoutes illégales,  de mieux appréhender comment les plus riches contribuables français contribuent au financement des partis politiques.

L’affaire Bettencourt nous a permis aussi de comprendre comment s’organise l’évasion fiscale, en collaboration avec un ministre d’un gouvernement, dans des banques en Asie ainsi qu’en Amérique du Sud.

La générosité ou la démence de Liliane Bettencourt aurait pu mettre en minorité la famille Bettencourt dans le groupe L’oréal au profit du groupe Nestlé.

Cet enjeu industriel fut la priorité de Nicolas Sarkozy pour deux raisons majeures, par patriotisme économique, mais surtout pour préserver à la droite une source intarissable de financement de leurs partis & micro-partis politiques!

La cerise sur le gâteau fut la confirmation de la soumission du pouvoir judiciaire au pouvoir éxécutif.

Le principe de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice en France ont été bafoué sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

La corruption ainsi que le financement occulte et illégale des partis politiques en France nous oblige à repenser le combat politique et son organisation incarnée par les partis politiques.

Note sur la suppression générale des partis politiques, Simone Weil, Paris, 1940, extraits

Quand Einstein vint en France, tous les gens des milieux plus ou moins intellectuels, y compris les savant eux-memes, se divisèrent en deux camps, pour et contre.

Toute pensée scientifique nouvelle a dans les milieux scientifiques ses partisans et ses adversaires animé les uns et les autres, à un degré regrettable, de l’esprit de parti. Il y a d’ailleurs dans ses milieux des tendances, des coteries, à l’état plus ou moins cristallisé.

Dans l’art et la littérature, c’est bien plus visible encore. Cubisme et surréalisme ont été des espèces de partis. On était « gidien » comme on était « maurrassien ». Pour avoir un nom, il est utile d’être entouré d’un bande d’admirateurs animés de l’esprit de parti.

De même il n’y avait pas grande différence entre l’attachement à un parti et l’attachement à une Eglise ou bien à l’attitude antireligieuse. On était pour ou contre la croyance en Dieu, pour ou contre le christianisme, et ainsi de suite. On en est arrivé, en matière de religion, à parler de militants.

Même dans les écoles on ne sait plus stimuler autrement la pensée des enfants qu’en les invitant à prendre parti pour ou contre. On leur cite une phrase de grand auteur et on leur dit: » Êtes vous d’accord ou non? Développez vos arguments. » (…) Il serait si facile de leur dire: »Méditez ce texte et exprimez les réflexions qui vous viennent à l’esprit. »

Presque partout – et même souvent pour des problèmes purement techniques- l’opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s’est substitué à l’opération de la pensée.

C’est là une lèpre qui a pris origine dans les milieux politiques, et s’est étendue, à travers tout le pays, presque à la totalité de la pensée.

Il est douteux qu’on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques.

Simone Weil (1909-1943)

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