Manifeste de PUAM*

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Mine à ciel ouvert d’Arlit au Niger

Pour une décolonisation réelle de l’Afrique.

L’arrogance de l’intellectuel judéo-chrétien est insoutenable, surtout quand il parle de l’Afrique.

Je me garderai bien de tout propos arrogant, et me propose d’apporter la contribution d’un Africain de la diaspora, utopiste, progressiste et athée, débarrassé de beaucoup de préjugés.

Conscient que mes rêves comme ce manifeste prennent forme dans la langue de l’oppresseur (1), et porte en lui sa culture qui a façonné mon esprit.

Compte tenu de mes faibles compétences, ce manifeste est une base de travail pour une Afrique libérée de l’emprise des anciens empires coloniaux, indépendante sur le plan politique, économique, social et culturel.

L’Afrique continue d’être pillée de ses matières premières, et de ses peuples principalement, par les anciens empires coloniaux.

Des Africains mettent leur vie en danger en traversant la Méditerranée pour un monde meilleur, alors que leurs frères français, africains de la diaspora sont stigmatisés et discriminés.

Il est temps pour nous, Français, africains de la diaspora, de partir.

Quitter l’Europe une fois obtenue l’indépendance politique, économique et culturelle de nos pays d’origine et mettre fin au processus de colonisation engagé par l’Europe depuis le XVe siècle avec le traité d’Alcàçovas de 1479. (2)

L’indépendance réelle de l’Afrique et du Proche-Orient est à portée de main avec l’extinction naturelle d’une corporation de politiciens corrompus, soutenue et formée par les anciens empires coloniaux.

Avant que leur progéniture ne s’approprie du pouvoir, il est temps pour nous, français d’origine africaine de nous battre afin d’obtenir une indépendance politique, économique, sociale et culturelle de nos pays d’origine.

Cette lutte aura pour conséquence un appauvrissement des anciens empires coloniaux, une perte d’influence sur la scène internationale, ainsi qu’un déficit de leur balance commerciale sans oublier le tarissement d’une source de financement de partis politiques et de corruption internationale.

Émigré et apatride

Notre premier combat avant d’émigrer est d’obtenir une indépendance politique, économique, culturelle et sociale de nos pays d’origine, et de l’Afrique tout entière.

Émigrer dans un pays qui nous est étranger comme le firent nos parents, ou nos grands-parents telle est notre destinée.

Notre destin sera de demeurer apatride.

Nous ne pourrons jamais faire partie d’une nation Africaine.

Nous sommes les « bâtards » ainsi que les « cocus » de l’histoire et devons consacrer nos vies à la décolonisation réelle et au développement économique, politique, culturel et social de notre pays d’accueil.

La colonisation perdure à travers nous, africains de la diaspora, il est temps pour nous de briser les chaînes de domination néocoloniales en obtenant une indépendance politique, économique, culturelle et sociale de nos pays d’origine.

Seuls nos enfants, nés en Afrique maîtrisant les codes ainsi que la langue pourront faire cesser cette oppression politique et culturelle.

Humilité, sagesse, curiosité et probité devront faire partie des qualités de ceux qui choisissent le retour.

Une révolution pacifique

La « révolution », qui se veut pacifique doit se faire par étapes qui sont, par ordre chronologique, politiques, économiques, sociales et culturelles.

Politique, en premier lieu afin de réformer le système politique néocolonial incarné par les institutions ou organisations internationales.

Puis économique afin de trouver les ressources financières qui doivent permettre l’instauration d’un état providence.

Et une indépendance sociale et culturelle afin de mieux appréhender la place de l’Homme africain dans l’histoire, être fier d’être africain de nouveau.

Pour un lobby panafricain

Un lobby organisé d’Africains de la diaspora devra intervenir auprès des grandes institutions internationales qui permettent au néocolonialisme de perdurer.

Ce cabinet de conseil devra avoir des bureaux à Washington (POTUS, Congrès), New York (Wall Street, ONU) et Bruxelles (OTAN & EU) & Genève (OMC), le cœur du pouvoir impérialiste.

La Russie et la Chine doivent permettre à l’Afrique en jouant avec les alliances d’arriver à imposer son agenda.

La restitution du patrimoine africain spolié par l’Europe et l’Amérique se trouvant dans les musées ainsi que les collections privées sera un préalable à cette décolonisation réelle de l’Afrique.

Quel projet politique?

Militer pour l’obtention d’une indépendance, économique, politique et culturelle des états africains.

Que l’Afrique retrouve sa souveraineté.

Pour en finir avec la spéculation sur les matières premières

L’aumône proposée aux états africains par le biais de la taxe Tobin ou de la taxe sur les billets d’avion est une insulte compte tenu du pillage légal et illégal des matières premières.

Après ce vol manifeste la spéculation achève les peuples opprimés.

Les génocidaires d’aujourd’hui se trouvent dans les salles de marchés, ou à l’aide de leur clavier et de leur souris déplacent des milliards en quelques secondes et organise la famine, les migrations et la mort.

Réglementer la spéculation sur les matières premières permettra d’obtenir une indépendance économique, en ne permettant qu’aux acteurs du marché d’intervenir sur le dit marché. (OMC)

Restreindre l’accès au marché a ses seuls acteurs ne résoudra qu’en partie cette bulle spéculative, compte tenu du poids politique des sociétés transnationales et de leur pouvoir de nuisance comme nous l’a rappelé Salvador Allende dans son discours à l’ONU en 1972 (3).

Pour une « Peuplisation » des matières premières, du secteur industriel et des infrastructures portuaires et aéroportuaires.

Les matières premières appartiennent au peuple Africain et non pas à l’État corrompu dirigé par une poignée de néocolonisateur.

Tant que des gouvernements africains non corrompus et indépendants des anciens empires coloniaux ne seront pas instaurés, les matières premières ainsi que les grandes infrastructures portuaires et aéroportuaires appartiennent aux peuples africains et ne peuvent faire l’objet d’une cession ou d’une exploitation sans la rétribution des peuples africains.

Les profits engendrés par la nationalisation doivent être gérés par une banque de développement qui doit permettre le financement et le développement de PME et TPE ainsi que la construction d’infrastructures publiques (Hôpitaux, école, Collège, lycée, universités, bibliothèques)

Pour un embargo sur la vente d’armes sur le continent africain

Militer pour un embargo sur la vente d’armes sur le continent africain. (ONU/OTAN)

Puis militer pour la création d’une armée commune regroupant toutes les corporations des armées des états africains.

Cette armée commune devra préserver l’indépendance et la souveraineté des états africains et garantir l’indépendance politique.

Pour une communauté Africaine de défense

Faisons ce que la communauté Européenne a été incapable de mettre en place et fédérons les armées africaines.

La communauté Africaine de défense est l’étape indispensable permettant une stabilité politique, économique et sociale du continent africain.

L’armée en Afrique fait et défait les gouvernements africains.

L’armée ainsi que les mercenaires sont néfastes à la stabilité politique d’un pays.

La première mesure symbolique est l’interdiction d’exercice en Afrique, de tous mercenaires et autres milices privées ou étatiques.

Une armée africaine doit être créée sous l’égide de l’Union Africaine, financée par les États Africains en fonction de leur PIB, regroupant les militaires de carrière des pays Africains.

La première mission de cette Force Africaine de défense sera de nettoyer le continent de toutes les milices privées et étatiques et de désarmer le continent.

Chaque pays Africain devra participer en fonction de ses ressources, à la création de cette armée qui devra se substituer à la sienne.

Les États Européens ainsi que les États-Unis doivent retirer leurs troupes stationnées sur le continent Africain et dans les eaux territoriales des états indépendants et souverains Africains.

L’armée mais surtout le complexe militaro-industriel sont dangereux pour la démocratie, le complexe militaro-industriel américain domine la politique étrangère en Amérique du Nord et dans le reste du monde.

La domination du complexe militaro-industriel américain date de la seconde guerre mondiale comme l’a dénoncé le président américain Dwight D. Eisenhower le 16 janvier 1961 lors de son discours d’adieux. (4)

Pour une fermeture des Ambassades, consulats et autre représentations diplomatiques ainsi que les Organisations Non Gouvernementale (ONG).

Les Ambassades, consulats et autre représentations diplomatiques devront fermer leur porte et restituer le patrimoine immobilier à l’État africain qui l’occupe.

Les représentations diplomatiques sont souvent source de déstabilisation politique et ne doivent plus prospérer allègrement en Afrique.

Toutes les ONG devront quitter le continent Africain et se replier où bon leur semblera.

Comme les organisations gouvernementales les ONG sont source de déstabilisation politique. Leur dévouement est louable mais leur mission humanitaire interfère dans l’établissement d’un état Providence.

Pour une restitution des œuvres d’art

La restitution des œuvres d’art d’origine africaine y compris l’Égypte est une étape indispensable au développement culturel de l’Afrique.

Le musée du Louvre, L’ermitage, le British Museum ainsi que le Metroplitan Museum possèdent des œuvres majeures qui doivent être restituées sans délais.

Toutes ces œuvres spoliées reflètent la domination et le manque de respect que l’occident porte encore à l’Afrique ainsi qu’au Proche-Orient.

Les milliards accumulés depuis plus d’un siècle sans oublier le rayonnement et l’attraction que ces musées ont bénéficié sur le dos des peuples opprimés doivent être lavés par le financement de musées dans les pays d’origine des œuvres d’art volées.

La restitution et la mise en valeur de l’œuvre, dans son environnement d’origine, devront être financées par le musée « receleur ou voleur », ou l’état dont il dépend.

Le marché de l’art, dans les pays capitalistes à économie de marché, est un marché bien organisé, ou les œuvres d’art sont recensées, aussi bien les œuvres propriétés de Musées que des collections privées.

Les collectionneurs privés et autres amateurs d’exotisme et d’orientalisme devront eux aussi restituer le patrimoine Africain.

Pour une indépendance économique

La première mesure symbolique est le recensement puis la vente de tous les « biens mal acquis », qui n’est autre que le patrimoine acquis à l’étranger de manière illégale par des Chefs d’État Africain ainsi que leur entourage depuis l’indépendance.

Une fois le système politique mis en place, libéré de la corruption et de la cooptation, l’économie doit permettre d’établir les fondements d’un État Providence.

Le pillage des matières premières doit cesser, seule la nationalisation de ce pan de l’économie pourra endiguer ce vol manifeste.

La transformation des matières premières doit se faire en Afrique, du raffinage du pétrole en passant par l’extraction de métaux précieux à la taille des pierres précieuses, jusqu’à la conversion de l’uranium naturel.

La nationalisation des matières premières ainsi que du faible tissu industriel, est une étape indispensable qui permettra de trouver les fonds nécessaires au développement économique qui permettra l’instauration d’un état providence.

Conscient que la France n’est pas le seul pays à piller les ressources de l’Afrique, il nous faut compter aussi avec le Brésil, l’Inde, la Chine ainsi que la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les États-Unis.

Une prise de conscience par le biais d’un lobbying des instances internationales (FMI, ONU, OTAN, OMC) est nécessaire pour mettre fin à tant de siècles d’oppression et obtenir réparation.

La plupart des présidents africains depuis « l’indépendance » sont corrompus et ont permis au système colonial de perdurer.

La privatisation du patrimoine de l’Afrique sous l’égide du FMI, a permis d’achever le pillage de ses matières premières ainsi que de son faible tissu industriel.

Ce combat est le nôtre, apatrides d’origine africaine de toute l’Europe.

Nous, Africains de la diaspora devrons combattre le néocolonialisme en Occident mais nous devrons faire preuve d’humilité sur l’organisation sociale et politique des nations africaines qui obtiendront leur indépendance réelle qu’elle soit théocratique, démocratique ou monarchique…

Nous, africains de la diaspora, sommes condamnés à être des étrangers, sur les deux rives de la Méditerranée.

Ce manifeste est la preuve indéniable qu’il est maintenant devenu impossible de vivre ensemble, que notre avenir ne se joue plus en occident, mais en Afrique.

Notre combat n’est pas une lutte communautaire, africaniste ou nationaliste.

Notre combat est celui de femmes et d’hommes qui souhaitent vivre en paix avec leur voisin, qu’ils ne considèrent pas comme étranger mais comme une partie d’eux-mêmes et tout cela en harmonie avec leur environnement.

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(1) « Le découpage hérité de Berlin [de 1885], avec lequel l’Afrique vit encore, était évidemment – quoi qu’en aient dit les diplomates armés de bibles – économique et politique.
Mais il était également culturel : à la conférence de Berlin, l’Afrique fut aussi partagée entre langues européennes.
Les pays africains se virent définis et se définissent encore aujourd’hui sur la base de ce critère : pays anglophones, pays francophones et pays lusophones.» Ngugi Wa Thiong’o, Décoloniser l’esprit, 1986.

(2) Le Traité d’Alcáçovas, dit aussi Alcáçovas-Toledo, est un texte fondateur dans l’histoire du colonialisme. En effet, c’est le tout premier des documents internationaux qui formalise explicitement le fait que les Européens s’attribuent le pouvoir de diviser le reste du monde en “sphères d’influence” et d’en coloniser les territoires, considérés comme terrae nullius, sans se soucier du consentement d’éventuels peuples autochtones. Ce principe va rester généralement admis dans les idéologies et les pratiques des Européens jusqu’aux décolonisations du XXe siècle. Le Traité d’Alcáçovas peut être considéré comme l’ancêtre de nombreux traités basés sur le même principe par la suite, tels que le Traité de Tordesillas (1494), précisant les positions de l’Espagne et du Portugal dans le domaine de l’exploration, à la suite du premier voyage de Colomb, les résolutions de la Conférence de Berlin en 1884 qui, quatre siècles plus tard, divisent ainsi le continent africain en sphères d’influence, ou les accords Sykes-Picot de 1916 par lesquels Français et Britanniques se partagent la domination d’une grande part du Moyen-Orient.

(3) « Nous sommes face à un véritable conflit entre les multinationales et les États. Ceux-ci ne sont plus maîtres de leurs décisions fondamentales, politiques, économiques et militaires, à cause des multinationales qui ne dépendent d’aucun État. Elles opèrent sans assumer leurs responsabilités et ne sont contrôlées par aucun parlement ni aucune instance représentative de l’intérêt général. En un mot, c’est la structure politique du monde qui est ébranlée. Les grandes entreprises multinationales nuisent aux intérêts des pays en voie de développement. Leurs activités asservissantes et incontrôlées nuisent aussi aux pays industrialisés où elles s’installent. »

(4) « Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera.
Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques.
Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant.
Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble. »

 * Ce manifeste est un projet de décolonisation réelle de l’Afrique, ce plan est une base de travail pour une Afrique libérée de l’emprise des anciens empires coloniaux, indépendante sur le plan politique, économique, social et culturel.
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